crue d'éte
Crue de la seine
Juin
2016
Retours aux crues
icon COURS D'EAU
Essonne, Grand-Morin, Loing, Orge, Seine, Yerres, Yvette
icon INDICE DE GRAVITÉ icon

1 malchance sur 100 de se produire chaque année

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Juin 2016

Crues importantes de la Seine et de ses affluents franciliens. L’événement est exceptionnel sur le Loing et l’Ouanne où en certains endroits les niveaux des eaux dépassent ceux de la crue de 1910.

 

Cours d’eau : Seine, Loing, Bezonde, Essonne, Almont, Yerres, Orge, Yvette, Mauldre, Petit Morin, Grand Morin, Ouanne…

Villes : Paris, Melun, Rueil-Malmaison, Neuilly-sur-Seine, Montargis, Nemours, Romorantin, Saint-Pierre-Lès-Nemours, Moret-sur-Loing, Souppes-sur-Loing, Château-Renard, Longjumeau, Villeneuve-Saint-Georges…

 

 

Météorologie et hydrologie

Le mois de mai 2016 se caractérise par des records de précipitations sur le Centre et l’Ile de France. Aux précipitations intenses mais localisées des 28 et 29 mai, succèdent des pluies plus généralisées et abondantes le 30 mai. Les épisodes orageux sont particulièrement remarquables entre le 28 mai et le 2 juin sur les bassins du Loing amont, de la Seine moyenne, et de la Mauldre.

 

Les cumuls enregistrés en trois jours sur les bassins du Loiret, de l’Yonne ou de l’Essonne ont des périodes de retour comprises entre 10 et 50 ans, localement 100 ans. Les totaux enregistrés pour un mois de mai correspondent à deux, voire trois fois la normale. De nombreux records de précipitations sont battus. On relève 179 mm à la station de Paris-Montsouris, dont la moitié entre le 28 et le 31 mai, soit l’équivalent de trois mois de précipitations en temps normal. A l’échelle de la région Ile-de-France, la pluviométrie de mai 2016 est proche du record tous mois confondus de décembre 1999.  Sur le bassin du Loing amont, on relève 138 mm à Melleroy en 3 jours.

Cumul des pluies sur le nord de la France entre le 28 et le 31 mai (Météo France).
Cumul des pluies sur le nord de la France entre le 28 et le 31 mai (Météo France).
 

Les crues générées sur les bassins du Loing et des affluents franciliens de la Seine (Essonne, Almont, Yerre, Orge, Yvette, Mauldre, …) ou de la Marne (Petit et Grand Morin) sont particulièrement remarquables, dépassant souvent les maxima connus. L’Yonne est moins touchée. Les rivières Loing et Ouanne sont placées en vigilance rouge pluie et inondations entre le 31 mai et le 3 juin. Les niveaux de la crue de 1910 sont dépassés d’une quarantaine de centimètres le 1er juin à Montargis (3.45m) ou Nemours (4.63m) suite à une brèche dans le canal de Briare en amont de Montargis.

Hauteurs aux stations à la confluence Loing / Ouanne.
Hauteurs aux stations à la confluence Loing / Ouanne.
 

Contrairement aux crues plus classiques, l’onde de crue, alimentée par tous ces affluents, se forme cette fois géographiquement très prés de l’Ile de France. Il en résulte un temps de réaction deux fois plus rapide qu’habituellement pour la Seine à Paris, soit 4 à 5 jours. Au total, le phénomène est significatif mais non exceptionnel sur la Seine francilienne (crue de période de retour comprise entre 20 et 30 ans), équivalent à l’épisode de 1982. Le pic de crue est atteint dans la nuit du 3 au 4 juin à Paris avec 6.10 m au pont d’Austerlitz, contre 6.12 m en 1982. L’évènement reste donc sans commune mesure avec celui de 1910. C’est la 37ème fois que la Seine dépasse la cote 6 mètres à Paris depuis 1649.

Hauteurs comparées de la Seine à Paris avec d’autres grandes crues
Hauteurs comparées de la Seine à Paris avec d’autres grandes crues
 

 

Conséquences

La crue de la Seine ne provoque pas directement de débordements majeurs. Mais elle est suffisamment importante pour ralentir l’écoulement des crues exceptionnelles provenant de certains affluents comme l’Essonne ou l’Yerres. Ce sont ces cours d’eau secondaires qui occasionnent les inondations les plus étendues, comme l’Almont à Melun par exemple.

 

Dans la capitale, les débordements sont limités et ne concernent que les voies sur berges et les abords immédiats de la Seine. Le réseau ferré Transilien est toutefois affecté par des infiltrations et des remontées de nappe qui désorganisent les transports. Dans Paris intra-muros, l’exploitation d’un tronçon de la ligne 7 du métro est arrêtée ainsi que certaines stations de la ligne 10. Le RER C est fermé durant huit jours entre les stations Javel et Austerlitz. En Seine-et-Marne, le trafic du RER D est interrompu entre Melun et Corbeil. Le transport fluvial est lui-même interrompu huit jours à l’intérieur de Paris.

Paris, 3 juin 2016 après midi, peu avant le pic de crue
Paris, 3 juin 2016 après midi, peu avant le pic de crue.
 

Dans les Hauts-de-Seine, les principaux débordements sont recensés à Rueil-Malmaison, Neuilly-sur-Seine et sur les berges. Des sous-sols se retrouvent inondés par remontée de nappe. Le tunnel de l’A86 à Rueil doit être fermé.

 

Dans le Loiret et en Seine-et-Marne, les inondations sont remarquables sur le Loing et ses affluents (crue exceptionnelle de la Bezonde). Montargis, Nemours, Saint-Pierre-Lès-Nemours, Moret-sur-Loing, Souppes-sur-Loing sont plus particulièrement touchées.  Une digue du canal de Briare cède provoquant une vidange de ce dernier dans le Loing. A Montargis, les eaux de la rivière et de son affluent le Puiseau traversent le centre ville pour se déverser dans le canal de Briare, lui-même débordant plus en aval. A Nemours, les eaux s’étendent jusqu’au centre historique. A Château-Renard, le centre est inondé sous plusieurs dizaines de centimètres d’eau. On ne compte plus les routes inondées en Seine-et-Marne : 500 km cumulés, dont des axes importants. Dans le département de l’Essonne, c’est l’Yvette qui impacte Longjumeau. La Seine inonde également Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne.

Brèche dans le canal de la Briare sur le bief Montambert-Montcresson
Brèche dans le canal de la Briare sur le bief Montambert-Montcresson.
 
Montargis
Montargis.
 
Nemours.
Nemours.
 
Nemours.
Nemours.
 
Souppes-sur-Loing.
Souppes-sur-Loing.

Ces inondations ont entrainé l’évacuation de quelque 17 500 personnes, majoritairement en Seine-et-Marne, dans l’Essonne et dans le Val-de-Marne, notamment à Nemours, Montargis et Romorantin. Huit établissements de santé ont été totalement évacués et 14 établissements médico-sociaux en partie ou totalement. 153 écoles, 11 collèges et 3 lycées sont temporairement fermés ainsi que divers établissements accueillant du public (Louvre, BNF, Orsay, Grand Palais à Paris). 892 communes du bassin ont été reconnues en état de Catastrophe Naturelle. Un an après les inondations, la Fédération française de l'assurance (FFA) estime à 182 000 le nombre de sinistres déclarés, pour un coût de plus d'1,4 milliard d'euros, sur l’ensemble des régions concernées (Ile-de-France, Seine-et-Marne, Centre-Val de Loire).

Le saviez-vous ?

On relèvera que les lacs-réservoirs n’ont joué qu’un rôle mineur dans l’écrêtement de la crue. D’abord parce qu’ils ne pouvaient réguler les crues des affluents sur lesquels ils n’étaient pas situés (Loing, Essonne…) ; du fait ensuite de la période tardive de l’événement. A cette date, en effet, les réservoirs sont presque totalement remplis pour permettre le soutien d’étiage estival de la Seine. Les barrages ont contribué à une baisse de seulement 5 cm du pic de crue de la Seine à Paris, et de 25 cm lors de la décrue.

Ailleurs en France et en Europe

De fin mai à début juin 2016, une partie de l'Europe a connu un fort épisode pluvieux entrainant de nombreuses crues et inondations. Parmi les pays touchés, outre la France on citera l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, la Belgique, la Moldavie et la Roumanie.

Sources

  1. EPRI bassin Seine-Normandie, addendum 2018.
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Inondations_europ%C3%A9ennes_de_2016
  3. DRIEE île de France, Episodes de crue de mai-juin 2016 sur le bassin de la Seine, rapport de retour d’expérience, 2016
  4. SHF, Caractérisation météorologique, hydrologique et hydraulique des crues de juin 2016. Séminaire SHF du 18 septembre 2017.
  5. CGEDD, Rapport sur les inondations de mai et juin 2016 dans les bassins moyens de la Seine et de la Loire. Retour d’expérience, 2017
  6. https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/2017.02%20Rapport%20inondations%20mai-juin%202016.pdf
  7. DRIEE île de France, Addendum 2018 à l’EPRI 2011, bassin Seine-Normandie, 2018.
  8. Mission Risques Naturels, Inondations Seine-Loire 2016. Etude sur l’endommagement du bâti causé par un évènement « inondation », 2018
  9. COTITA, Les événements climatiques de mai-juin 2016 dans le Loiret et l’accompagnement vers le retour à une situation normale. Inondations de mi-2016, 12/10/2017
  10. IRSTEA, Crues sur les bassins de la Seine et de la Loire en juin 2016 : analyse des performances du modèle de prévision GRP. Version provisoire du 23/07/2017.
  11. Photos presse diverses / récupérées par EPTB
  12. Photos expo Montargis / récupérées par EPTB
  13. Photos LB juin 2016 / EPTB
  14. http://www.reperesdecrues.developpement-durable.gouv.fr/
  15. https://www.atlas-mag.net/article/crue-de-la-seine-en-2016-le-bilan-s-annonce-tres-lourd
  16. http://pluiesextremes.meteo.fr/france-metropole/Inondations-sur-Paris-et-en-region-Centre.html