crue d'éte
COURS D'EAU
INDICE DE GRAVITÉ
1 malchance sur 100 de se produire chaque année
Juin - Juillet 1697
Crue exceptionnelle sur la Seine et l’Yonne.
Cours d’eau : Seine, Yonne
Villes : Gournay, Melun, Paris, Sens, Troyes
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La crue de la Seine au pont de la Tournelle dépasse les 7 m. Selon les sources, le maximum varie entre 7.30 m et 7.65 m. « La rivière Seine est devenue sy considérablement grosse qu’on ne se souvient pas de mémoire d’homme l’avoir veüe débordée au point où elle l’a este cette année à la fin du mois de juin » (Mathieu-François Géoffroy, apothicaire, premier échevin de Paris).
Les impacts furent particulièrement importants sur la haute Seine, à Troyes en particulier. Commencée le 21 juin, elle n’était pas achevée le 7 juillet. « (…) Les eaux débordèrent et passèrent comme un torrent devant la Trinité de St-Jacques. Plus de quinze maisons furent renversées et ruinées. Le couvent de Foicy fut inondé ; l’église avait deux à trois pieds d’eau (0,65 m à 1 m) ; une grande partie des murailles fut renversée, plusieurs arbres déracinés, des moulins emmenés, des personnes noyées ; tout le quartier de St-Denis et de St-Aventin était inondé (…) » (Courtalon). Trente maisons du quartier de Jaillard s’effondrèrent. Cinq ponts furent endommagés. Surtout, les digues qui préservaient la ville furent détruites sur près de trois kilomètres. Les pertes dans la ville furent évaluées à l’époque à plusieurs millions. À l’extérieur, 47 des 52 maisons des hameaux de Tauxelles et Chaillouet s’effondrèrent. La plaine amont et aval de la cité était sous les eaux. Toutes les récoltes furent perdues, entrainant la famine. A Gournay, les vignes et les arbres ont été déracinés et les chaussées emportées. Trois quarts des maisons furent là aussi durement impactées.
À Sens, la crue de l’Yonne égala presque l’épisode de 1613. Les pertes aux marchands furent très importantes. « (…) On fit une marque de cette inondation à quelques pas de la pierre gravée de 1613, située derrière l'église St-Maurice. Il y est inscrit : L'an 1697, en juin, les 25, 26 et 27. Ici la rivière flottoit, a été gravé par Aubriot, arquebusier à Sens ».
La ville de Melun fut également touchée. Les bas quartiers furent particulièrement affectés. « (…) La rivière a commencé à grandir le 22 juin audit an et a continué son grand flot à grossir jusqu’au jour St-Pierre, 29e dudit mois (…) ». Il s’en fallut de peu que le pont Saint-Liesne fusse submergé.
Sources
- Champion (Maurice), Inondations en France depuis le VIème siècle jusqu'à nos jours, tome I, p. 91 ;
- Champion, (Maurice), Inondations en France depuis le VIème siècle jusqu'à nos jours, tome II, pp. 27-29, p. 125, 1859 ;
- AParis, 2 AZ 6 ;
- AD89, C 187 ;
- BM Auxerre, Ms 182 ;
- AD10, HB 1327 ;
- Boutiot T., Notes sur les inondations de la rivière de Seine à Troyes depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jour, Troyes, Dufour-Bouquot, 1863, pp. 1-19.