Retour d'expérience de la crue de janvier 2018 sur la Marne

Actualité
Le retour d’expérience est un élément central de la démarche d’amélioration de la gestion de crise. (Re)découvrez les événements de janvier 2018 et quelles peuvent être les pistes d’amélioration de la gestion des inondations sur le bassin de la Marne !
Crue de janvier 2018 sur la Marne avec le canal Champagne Bourgogne en rive gauche

Description

Crue de janvier 2018 sur la Marne avec le canal Champagne Bourgogne en rive gauche
Crue de janvier 2018 sur la Marne avec le canal Champagne Bourgogne en rive gauche
 

 

Glossaire

Ecrêtement des crues : action consistant à limiter le débit de pointe d'une crue, soit par stockage dans un ouvrage spécifique, soit par extension des zones d'expansion des crues.

Crue de janvier 2018 : caractéristiques et conséquences

Fin 2020, dans le cadre du PAPI d’intention Marne, Vallage et Perthois, un retour d’expérience (RETEX) sur la crue de janvier 2018 a été réalisé par la Direction Départemental des Territoires de Haute-Marne. Ses objectifs principaux étaient de permettre une prise de recul par rapport aux événements et à leur gestion. Ce RETEX a également permis de cibler les pistes d’amélioration sur les connaissances et l’organisation de la crise dans l’optique d’affronter les prochains évènements de la meilleure façon possible.

Après plusieurs épisodes pluvieux intenses et prolongés entre décembre 2017 et janvier 2018 (record de pluie depuis plus de 60 ans avec 475 mm de pluie en un mois), le bassin de la Marne a connu deux épisodes de crue successifs, du 4 et 6 janvier puis du 21 et 24 janvier 2018.

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Action du lac Marne sur la crue de janvier 2018
 

Durant ces deux épisodes de crue successifs, le lac réservoir Marne a pleinement joué son rôle de protection contre les inondations. Pour autant, des débordements sont observés, surtout en amont de la prise d’eau du lac (Mussey-sur-Marne jusqu’à Saint-Dizier). Des débordements inattendus surviennent sur le canal Champagne-Bourgogne, envahi par les eaux de son affluent le Rongeant, ainsi que des débordements par remontées de nappes localisés.

Les conséquences de ces inondations sont hétérogènes : une dizaine de communes font état d’une demande de reconnaissance de catastrophe naturelle (CATNAT). La commune de Joinville est particulièrement touchée, avec un nombre important d’interventions par les pompiers sur la ville (42 interventions à Joinville sur un total de 115 sur le territoire).

Les conséquences des inondations de janvier 2018 sont essentiellement matérielles (habitations, bâtiment d’entreprise, bâtiment public, voirie). La plupart des inondations sur les bâtiments ayant touché les sous-sols, ce sont les réseaux de chauffage et les réseaux électriques qui ont été les plus impactés (à Joinville : chaufferies de l’internat du lycée, du gymnase et de la médiathèque, transformateurs d’électricité, etc.). En outre, certaines zones ont été inondées par débordement sans qu’elles soient recensées en zone inondable par les Plans de Prévention des Risques d’Inondation établis par les services de l’Etat : c’est le cas à Vecqueville le 23 janvier 2018 avec le débordement du canal Marne-Champagne.

Les coupures d’électricité et de chauffage ont conduit à l’évacuation d’une grande partie de la population de Joinville, même au-delà de la zone inondée.

 

Les enseignements de la crue

Episode de crue classique en période hivernale, cet épisode a néanmoins mis en exergue certaines vulnérabilités du territoire, notamment les limites d’exploitation du lac-réservoir au regard de l’intensité de l’évènement, où des vidanges préventives ont dû être mises en place pour augmenter la capacité de stockage du lac.

D’après les conclusions du retour d’expérience, la gestion de la crise a été maitrisée même si quelques points restent à perfectionner, notamment au niveau du déploiement à l’échelle du territoire des Plans Communaux de Sauvegarde et de la difficulté de protection de certains enjeux (réseaux d’électricité, chauffage, eau potable).

Les pistes d’amélioration établies grâce au retour d’expérience sont les suivantes :

  • Améliorer la connaissance de l’aléa et des enjeux exposés ;
  • Créer une culture du risque ;
  • Prendre en compte le risque pour aménager le territoire ;
  • Anticiper la coordination entre les différents acteurs de la crise ;
  • Mettre en place des exercices de crise pour tester les dispositifs et envisager des crues plus intenses que janvier 2018.

 

Les éléments marquants à retenir

  • Les inondations de janvier 2018 sont remarquables par leur ampleur mais ne dépassent pas l’intensité des grandes crues historiques (janvier 1910, janvier 1955, avril 1983) ;
  • Il faut noter qu’en cas d’évènement intense, les capacités de remplissage du lac réservoir peuvent être atteintes ;
  • Les inondations par débordement peuvent être aggravées par des remontées de nappe, des ruissellements ou par des aménagements qui ne permettent pas l’écoulement naturel de l’eau ;
  • Les premiers enjeux potentiellement touchés sont les réseaux de gaz et d’électricité, ce qui mène généralement à l’évacuation de la population ;
  • Une gestion de crise efficiente avec un dispositif de crise opérationnel et satisfaisant.

Formalisation d’un retour d’expérience partagé des inondations de janvier 2018, 4 novembre 2020. Maitre d’ouvrage : Direction Départementale des Territoires. Elaboration du rapport : Pascaline Cousin

La crue de janvier 2018 - article EPISEINE

Vidéo explicative du fonctionnement des lacs-réservoirs