L'impact du changement climatique sur la Seine et ses affluents

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À ce jour, le lien entre changement climatique et augmentation des crues sur le bassin de la Seine n'est pas avéré. En revanche, le changement climatique aura un impact sur la fréquence et la sévérité des sécheresses. On vous explique pourquoi.
Lac réservoir en période d'étiage © Delphine Bizouard

Description

Les enjeux associés à la ressource en eau : prélèvements et qualité de l’eau

Le bassin-versant de la Seine à Paris, d’une superficie de 43 800 km², est caractérisé par une forte tension sur la ressource en eau. Les besoins pour satisfaire les prélèvements d’eau sont considérables.

  • 70% de l’alimentation en eau potable de la région parisienne (plus de 6.5 millions de personnes) provient directement de prélèvements dans les grandes rivières ;
  • une centrale nucléaire (Nogent-sur-Seine) et une centrale thermique (Porcheville) utilisent l’eau de la Seine pour leur refroidissement ;
  • de nombreux industriels utilisent l’eau des grandes rivières pour assurer le refroidissement de leurs installations et la dilution de leurs rejets ;
  • maintien d’un niveau suffisant pour alimenter les canaux et assurer la navigation ;
  • enjeu pour la qualité des milieux :
    • assurer la dilution des rejets ;
    • éviter les tensions sur la température de l’eau,
    • éviter les conséquences de l’augmentation de la température de l’eau sur la vie piscicole.

Ces prélèvements dans les eaux de surface représentent plus de 2 milliards de m3 chaque année.

Par ailleurs, avec la présence d’une agglomération telle que la métropole parisienne, les enjeux liés à la dilution des effluents des stations d’épuration représentent un enjeu important pour la qualité des eaux et le respect de la Directive cadre sur l’eau. Les enjeux de navigation sont également majeurs, pour le loisir fluvial comme pour le transport du fret, principalement sur le secteur à grand gabarit situé en aval de Bray-sur-Seine. Enfin, les activités de tourisme et celles liées à l’agriculture, qui toutes deux ont surtout besoin d’eau pendant les périodes estivales nécessitent aussi des débits minimums en rivière.

Quels effets attendus du changement climatique sur le bassin de la Seine ?

Les divers projets de recherche, qu’ils soient internationaux avec le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), ou français avec les projets de recherche RExHYSS, EXPLORE 70 ou CLIMAWARE qui ont modélisé l’effet du changement climatique sur le bassin de la Seine, confirment l’augmentation future de la fréquence et de la sévérité des étiages.

Les projections du climat futur permettent de caractériser les incidences prévisibles du changement climatique à l’horizon 2050 à 2100 :

  • Augmentation de la température de l’air de 2 à 3°C, et de l’évapotranspiration ;
  • Diminution des pluies estivales, avec pour conséquence :
    • Diminution des débits d’étiages (débit faible en été) de l’ordre de 40 % et jusqu’à 60 % localement ;
    • Rabattement des niveaux de nappe (jusqu’à moins 10 mètres localement) ;
    • Augmentation de la température de l’eau.

Une tension accrue pour les usages de l’eau et l’environnement

Ces effets attendus du changement climatique sur l’augmentation probable de la fréquence et de l’amplitude des périodes de sécheresse hydrologique, dans un bassin où les ressources en eau sont déjà fortement mobilisées, risquent de se traduire par des tensions accrues sur les usages multiples de l’eau et constitue un défi sociétal majeur dans tous les domaines : environnemental, économique, social, culturel, sanitaire, etc.

Actions de l’EPTB Seine Grands Lacs pour anticiper ces changements

Dans ce contexte, l’EPTB a lancé une étude destinée à caractériser et si possible quantifier le risque d’étiages sévères, y compris dans l’optique du changement climatique global, ainsi que son impact sur la qualité environnementale des milieux et sur la vulnérabilité des activités socio-économiques liées à l’eau du bassin. L’objectif de cette approche est d’identifier des pistes d’amélioration possible de la gestion des ressources en eau sur ce territoire, via notamment des évolutions potentielles de la gestion des lacs-réservoirs.

Les résultats finaux sont attendus pour 2020.

Les courbes de gestion des volumes des lacs-réservoirs disponibles pour le soutien d’étiage sont d’ores et déjà fréquemment adaptées pour permettre d’alimenter en eau le bassin de la Seine et de ses affluents sur une période de plus en plus longue. Réglementairement prévu du 1er juillet au 1er novembre, le soutien d’étiage depuis les lacs-réservoirs a été prolongé pour la quatrième année consécutive en 2018, et a été assuré jusqu’au 4 décembre.