Les idées reçues

Inondation et idées reçues : on fait le point !
Idées fausse - Zouave - Crue juin 2016

On a tou-te-s des idées reçues sur les risques d’inondations : j'habite au 5ème étage donc je ne suis pas concerné-e, en cas de crue je ne vais pas chercher mes enfants à l'école, en 2016 la Seine a connu une crue exceptionnelle, etc.

Pour lutter contre toutes ces idées idées, on fait le point avec vous !

Idée reçue n°1 : Je dois monter dans les étages en attendant que l’eau descende.

On confond souvent les conduites à tenir en cas d’inondation ici, en Ile-de-France, avec ce qu’il faut faire dans le Sud de la France dans le même cas.  Il s’agit pourtant de deux situations très différentes.
Dans le Sud de la France, le département de l’Hérault par exemple, une inondation est un phénomène brutal : le niveau de l’eau monte en quelques dizaines de minutes parfois, laissant peu de temps aux habitants pour évacuer leurs maisons. Mais une fois le pic de la crue atteint, l’eau redescend très rapidement. La crue et la décrue peuvent intervenir dans la même journée, il faut donc réagir très vite et se mettre en sécurité dans les étages.
Sur notre territoire, les crues de la Seine et de la Marne sont au contraire beaucoup plus progressives : l’eau monte plus doucement (1,5 mètre par jour maximum en général), mais elle redescend aussi très lentement. Pendant la crue de 1910 par exemple, le territoire est resté inondé pendant plus de deux mois !

La durée des crues : l'exemple de 1910
La durée des crues : l'exemple de 1910
 

Cette cinétique lente fait qu’il y a très peu de risques qu'une personne soit emportée par l'eau directement. En toute logique, il ne sert donc à rien de monter se réfugier dans les étages. Vous serez averti-e de la montée des eaux entre 24 et 72h à l’avance. Il faudra en revanche vous préparer à évacuer votre logement pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Idée reçue n°2 : Je ne vais pas chercher mes enfants à l’école

Pour les crues rapides, typiques du Sud de la France, il est effectivement conseillé de ne pas aller chercher ses enfants à l’école. L’eau peut monter en quelques minutes seulement et les parents peuvent se mettre en danger en voulant aller récupérer leurs enfants à pied ou en voiture.
Sur notre territoire en revanche, les crues de la Seine et de la Marne sont beaucoup plus progressives : leur pic n’est atteint qu’au bout de plusieurs jours. Les établissements scolaires seront donc fermés bien avant d’être inondés – et les parents en seront avertis 1 ou 2 jours avant.

Idée reçue n°3 : Je n’ai pas à m’en faire, j’habite à l’étage ou dans les hauteurs

Habiter en étage ou dans les hauteurs donne le sentiment d’être protégé-e de l’eau et donc de l’inondation. Et, effectivement, si vous habitez au 3ème, 5ème ou 12ème étage ou sur la butte Montmartre, vous n’aurez jamais directement les pieds dans l’eau.
En revanche, quel que soit l’étage où vous habitez et même si votre logement se situe à plusieurs kilomètres du fleuve, vous serez potentiellement touché par les effets de l’inondation :

  • Dans votre logement, vous pourrez subir des coupures d’électricité, d’eau potable, de chauffage, de gaz ou d’assainissement pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
  • Vous pourrez également avoir des difficultés à vous déplacer en voiture (de nombreuses routes seront coupées, la plupart des ponts parisiens seront impraticables) ou en transports en commun (les réseaux de métro, de RER et de train sont particulièrement vulnérables), comme à vous approvisionner.
  • Enfin, même si vous n’habitez pas en zone inondable, votre lieu de travail, l’école de vos enfants ou la maison de retraite de vos parents le sont peut-être…

Idée reçue n°4 : En 2016 et 2018, la Seine a connu des crues exceptionnelles.

L’Ile-de-France a connu deux crues importantes : celle de juin 2016 et celle de janvier 2018.
La crue de juin 2016, par sa rapidité et du fait de la période de l'année où elle est survenue (au printemps), a beaucoup surpris. Le mois de mai 2016 a été le plus arrosé depuis 1960, ce qui a saturé les sols en eau. Sur la Seine, cette crue est rare pour la saison, mais elle n’a pas été d’une ampleur exceptionnelle : elle a atteint 6,10 m à l’échelle d’Austerlitz contre 7.32m en 1924 et 8,62 m en 1910.
 

Par contre, cette crue a bien été exceptionnelle sur un affluent de la Seine appelé le Loing. À Nemours par exemple, les niveaux atteints en 2016 (4,60 mètres) ont même été bien supérieurs à la crue centennale de janvier 1910 (4.25 mètres).

Le bassin de la Seine et ses affluents
Le bassin de la Seine et ses affluents
 

En 2018, la crue de la Seine a été plus importante que celle de 2016, mais sa hauteur a été réduite d’environ 65 cm à Paris Austerlitz (et 75cm à Gournay sur Marne sur la Marne) grâce au stockage d’une grande quantité d’eau par les 4 lacs réservoirs situés en amont du bassin.

: localisation des 4 lacs-réservoirs de l’EPTB Seine Grands Lacs et du projet de la Bassée
Localisation des 4 lacs-réservoirs de l’EPTB Seine Grands Lacs
 

Comme ce fut le cas par le passé, la Seine pourra donc connaître à l'avenir des crues plus importantes que celles de 2016 et 2018.

Idée reçue n°5 : je serai automatiquement remboursé si mon logement, mon entreprise ou mon véhicule étaient dégradés.

Pour tout savoir sur ce qui est couvert ou non par le régime « catastrophe naturelle » et quelles sont les modalités pratiques du remboursement de vos biens :