Météorologie et hydrologie
Il est tombé en moyenne 1033 mm durant l’année 1910 sur l’ensemble du bassin de la Seine, un record depuis le début des observations en 1873. Après les importantes précipitations estivales (cf. crues juin-juillet 1910), les pluies de fin octobre suffisent à déclencher une première montée des eaux de la Seine et de ses affluents. Les précipitations s’étendent tout au long du mois de novembre : 432 mm aux Settons (26 jours de pluie), 257 mm à Pannecière, 204 mm à Châtillon sur-Seine. L’épisode pluvieux du 5 au 11 novembre (66 mm à Pommoy, 64 mm à Tonnerre, 70 mm à Chablis le 08 novembre), comparable à celui survenu entre le 18 et le 21 janvier, génère les principales crues.
L’Yonne connaît cinq pics successifs (maximum 3,65 m le 11 novembre à Sens), le Grand-Morin cinq également (maximum 2,58 m le 12 novembre à Pommeuse), le Loing trois (maximum 3,48 m le 10 novembre à Nemours), la Marne quatre ou cinq (maximum 4,70 m le 10 novembre à Saint-Dizier, 4,40 m à Damery le 12 novembre, 4,25 m à Châlifert le 18 novembre). La Chée dépasse son niveau de janvier 1910, la Saulx atteint 2,99 m à Vitry-en-Perthois, l’Ornain 1,60 m à Fains.

La Seine atteint 3,22 m le 16 novembre à Bray (seconde valeur connue la plus importante après celle de janvier 1910). À Paris, elle s’élève régulièrement pour atteindre un premier pic à 5,25 m le 15 novembre à l’échelle d’Austerlitz. Un second maximum est enregistré à 5,97 m le 20 novembre produit du passage des eaux en provenance de la Marne et de la Haute-Seine. Elle se maintient à un niveau très élevé tout au long des mois de novembre et décembre.

Conséquences
La Saulx envahit les villages de Sermaise et d’Outrepont, la Chée celui de Heiltz. L’Ornain détruit ses digues à Remennecourt.