Crue d'hiver

novembre 1924

Icône cours d'eau Cours d'eau
Marne, Ornain, Saulx

Icône indice de gravité Indice de gravité
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<p>Crues importantes de la Marne et de ses affluents. Evènement de référence sur la Marne moyenne, jusqu’à Château-Thierry. </p> <p>Cours d’eau : Marne, Ornain, Saulx </p> <p>Villes : Bisseuil, Châlons, Jâlons, Vitry, Soulanges, Sermaize, Etrepy, Bignicourt, Menil, Troissy, Cherville</p>

Météorologie et hydrologie

L’année 1924 a été particulièrement pluvieuse sur tout le bassin de la Marne. Fin octobre, des pluies diluviennes s’abattent sur toute la région. Les sols déjà saturés ne retiennent plus rien. Les écoulements de surface sont très rapides, et en très peu de temps, l’ensemble des cours d’eau entre en crue. Le Perthois et surtout la Saulx inquiètent dès le 2 novembre par leur rapidité et leur violence. Les débordements sont exceptionnels le long de l’Ornain et de la Saulx. La Marne atteint son maximum le 3 novembre à St-Dizier (4,44 m), le 5 à Châlons (5,52 m) et le 6 à Damery (4,85 m). Sur de nombreuses stations de la Marne Moyenne, il s’agit encore de la crue de référence, avec des hauteurs supérieures à celles atteintes en 1910 (Bisseuil (+30 cm), Jalôns (+15 cm), Châlons, La Chaussée, Château-Thierry…). Hauteurs de 1910 dépassées également sur la Saulx (+13 cm à Sermaize, + 18 cm à Pargny-sur-Saulx). Seul l’événement de 1852 est comparable.

Conséquences

Les dégâts sont très importants. L’événement aurait causé le décès de plusieurs personnes dont une à Damery. Toutes les chaussées de la région sont submergées, les ouvrages d’art dégradés. De nombreux villages sont inondés et évacués (cf. Bisseuil). À Châlons, les eaux de la Marne dépassent les berges et inondent le quartier de Madagascar. À Jâlons, 43 maisons sont inondées et 137 personnes évacuées, dont 40 en urgence. Le canal latéral de la Marne subit d’importantes avaries entre Vitry et Soulanges, avec des éboulements de la cuvette et des submersions ponctuelles de la digue qui n’entrainent cependant aucune brèche. Batardeaux et renforcements des ouvrages limitent les débordements. À Sermaize, la Saulx se déverse dans le canal, de même entre Etrepy et Bignicourt où la digue de halage est submergée. À Menil, le mur du jardin du presbytère est emporté. À Troissy, la Marne submerge prairies et voie de chemin de fer sous 25 à 30 cm d’eau.

À Cherville, « le désastre est effrayant : sur toutes les routes, les habitants fuient avec leurs attelages et leurs bestiaux. Plus de 100 ménages émigrent. On a constaté plusieurs éboulements. La nappe d’eau atteint 1,20 m. Un certain nombre de bâtiments se sont écroulés » (Journal l’Union Républicaine, novembre 1924).

Vue de l’inondation de la Marne à Jalons en novembre 1924.

L’inondation cause également d’importants dégâts aux bâtiments et aux stocks de récoltes et marchandises. Les dégâts sont évalués dans le département de la Marne à environ 2,2 millions de francs. Agriculteurs et viticulteurs connaissent eux aussi d’importantes pertes. Une aide de 4 millions de francs leur sera accordée. La gestion de crise fera l’objet de polémiques, élus et habitants pointant le défaut de communication du service d’annonce des crues et la gestion des barrages.

 

  1. Michel Lang, Denis Cœur (s. dir.), Les inondations remarquables en France, inventaire 2011 pour la directive Inondations, Editions QUAE, 2014.
  2. Photographies Jâlons.
  3. Union Républicaine, novembre 1924 (Gallica).
  4. SHAC. Bassin de la Seine, affaires diverses. Pétitions des communes du canton de la Ferté Saint Jouarre, 1924-1925 (AP).