Météorologie et hydrologie
La Blaise sort de son lit les 22 et 23 juin. La Marne et la Seine connaissent une crue modérée : pics respectifs à 2,80 m à la Chaussée les 26 et 27 juin, à 2 ,95 m à Nogent-sur-Seine le 6 juillet, et 2,72 m au pont de Bray le 9 juillet.
Conséquences
Une grande partie de la vallée de la Blaise est sous les eaux. Les communes les plus touchées sont : Sainte-Livière-de-Blaise (dix maisons inondées), Champaubert-aux-Bois (une quinzaine de maisons envahies par 50 cm d’eau), Eclaron, Saint-Rémy-en-Bouzemont, Blaise-sous-Hauteville.
Compte tenu de la saison, les pertes agricoles sont particulièrement importantes notamment dans l’Aube, en Seine-et-Marne. Dans le secteur de la Bassée, plusieurs centaines d’hectares de récoltes sont perdus entre Nogent-sur-Seine et Montereau.
Gestion et suites
La polémique s’engage entre les municipalités et les services de l’État. Les ouvrages du canal de restitution du réservoir de Champaubert-aux-Bois sont pointés du doigt par la municipalité Sainte-Livière qui les accuse d’aggraver le risque d’inondation.
Dans le secteur de la Bassée, le service navigation est mis en cause dans la gestion des barrages. La presse s’empare de la polémique. « Les services de la navigation sont responsables des inondations de la Seine dans la région de Bray » (Le Parisien Libéré, 13 juillet 1951) ; « L’incurie des pouvoirs publics va coûter des centaines de millions aux habitants des régions inondées » (Libération, 10 juillet 1951). Après de nouvelles inondations en 1952, des actions militantes sont menées par des habitants, soutenus par leurs élus : « …Plusieurs cultivateurs et Maires de la région, impatients de voir donner une conclusion à cette affaire, se sont rendus au barrage de Jaulnes le 22 mars [1952] sous la conduite du Conseiller Général du canton ; ils ont procédé au relèvement d’un certain nombre d’aiguilles du barrage, afin d’entrainer un abaissement du plan d’eau. Il est à noter que le Maire de Jaulnes requis par le fonctionnaire responsable de la Navigation de s’opposer à toute action sur le barrage, au besoin avec le concours de la force publique, refusa de déférer à cette injonction. Cette manifestation symbolique est symptomatique de l’état d’esprit qui règne chez les riverains du fleuve ; de nouveaux incidents sont à prévoir… » (Lettre du Préfet de Seine-et-Marne au Ministre des Travaux Publics, 9 avril 1952)
