Crue d'hiver

janvier 1651

Icône cours d'eau Cours d'eau
Seine, Yonne

Icône indice de gravité Indice de gravité
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<p>Une des plus importantes inondations du bassin de la Seine. </p> <p>Cours d’eau : Seine, Yonne </p> <p>Villes : Auxerre, Paris</p>

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L’événement de janvier 1651 fait partie des cinq plus grandes crues qu’ait connue la Seine au cours des quatre derniers siècles. Les pluies surviennent sur un sol déjà couvert de neige. La hauteur maximale des eaux au pont de la Tournelle atteint 7,80 m (valeur reconstituée), légèrement au-dessus de la cote atteinte en 1649 (7,70 m).

La moitié du pont de la Tournelle est emportée, de même qu’une partie du pont au Change et des maisons qui s’y trouvent. Leurs débris et d’autres viennent engorger les arches du pont Notre-Dame et accroître momentanément la hauteur des eaux qui « sur le port au Blé est parvenue presque au 2e étage de la maison n°52 » (Lambert).

La situation est d’autant plus préoccupante que la période connaît avec la Fronde une forte instabilité politique.  « (…) Le désordre a este public, et le dommage souffert par les particuliers (…) les ponts qui paraissaient les plus assurés donnaient de l’appréhension aux meilleurs architectes, que la ville était inondée en plusieurs quartiers, grand nombre de maisons tombées, et les autres proches de la rivière peu assurées : le commerce et la communication interrompue, et comme impossible par la difficulté d’aborder les logements et sortir des maisons que les eaux environnaient et tenaient comme assiégées, mêmes qu’à présent en plein été, les eaux étaient encore croupissantes dans les caves qui corrompaient les fondements des maisons  et privaient les habitants d’icelles de la commodité de serrer leurs provisions. Qu’enfin la plus belle ville du monde se trouverait dans un état d’abandonnement par la crainte d’un tel accident s’il n’y était promptement pourvu (…) » (Proposition et avis donnés en l’hôtel de ville de Paris pour la décharge des grandes eaux, 5 juillet 1651).

En dehors de Paris, le bassin de l’Yonne est affecté en particulier la ville d’Auxerre.

À la suite de cet événement, qui fait suite déjà à la crue remarquable de 1649, différents projets d’aménagement sont mis au débat. Le plus en vue envisage de détourner une partie des eaux de la Seine au nord de Paris par le tracé d’un « canal de décharge ». Certains proposent de creuser le lit du fleuve, d’autres de surélever le sol des rues de Paris. Les plus extrêmes proposent de déplacer les habitations situées en zone inondable et de les installer sur les pentes de Montmartre ou de la colline Sainte-Geneviève inoccupées à l’époque. Aucun de ces projets ne vit le jour.

 

  1. Champion (Maurice), Inondations en France depuis le VIème siècle jusqu’à nos jours, tome I, pp. 77-81, p. XLIX ;
  2. Champion, (Maurice), Inondations en France depuis le VIème siècle jusqu’à nos jours, tome II, p. 124, note 3, 1859.