Les dispositifs de protection individuels contre les inondations intègrent des équipements temporaires ou permanents destinés à protéger vos biens lors d’une crue. Ils visent à limiter les entrées d’eau dans les bâtiments, à prévenir les infiltrations par les réseaux, à empêcher les refoulements d’eaux usées ou encore à réduire les dommages susceptibles d’être causés par une inondation lorsque l’eau ne peut être totalement arrêtée. Plusieurs types de protections individuelles existent sur le marché. Le choix d’un modèle plutôt que d’un autre dépend essentiellement de l’environnement et du niveau de protection attendu. EPISEINE vous propose une synthèse des principaux dispositifs existants afin de vous aider à faire vos choix.
Le secteur des dispositifs anti-inondation fait actuellement l’objet de travaux de normalisation. En juillet 2023, l’Association française de normalisation (AFNOR) a lancé un comité de normalisation consacré aux « dispositifs anti-inondations ». Dans ce contexte, la Mission Risques Naturels (MRN) et la Fédération Française du Bâtiment (FFB) ont publié en avril 2024 un rapport technique consacré aux barrières anti-inondation apposées et périmétriques. Ce document identifie 26 caractéristiques techniques permettant de décrire ces équipements et vise à contribuer à l’élaboration d’un futur référentiel de normalisation. Il concerne principalement les dispositifs de protection physique des ouvertures et des abords des bâtiments.
Les sacs anti-inondation
Les sacs de sable

Le sac de sable constitue la protection anti-inondation d’urgence la plus répandue. Cette méthode consiste à empiler des sacs remplis de sable devant les points d’entrée potentiels de l’eau (portes, fenêtres basses, soupiraux, accès techniques, etc.) afin de former une barrière temporaire (Figure 1, A). La barrière ainsi constituée permet de limiter la pénétration de l’eau, et de la filtrer le cas échéant.
Pour être efficace, la mise en œuvre doit respecter plusieurs principes :
- les sacs ne doivent pas être totalement remplis afin d’épouser la forme des sacs adjacents ;
- les sacs doivent être disposés en quinconce, à la manière d’un mur de briques (Figure 1, B) ;
- les rangées doivent être compactées afin de limiter les passages d’eau ;
- lorsque cela est possible, une bâche plastique ou un film imperméable peut être placé du côté exposé à l’inondation afin d’améliorer l’étanchéité du dispositif ;
- les sacs doivent être suffisamment robustes pour ne pas se déchirer, et suffisamment durables pour résister à l’immersion.
Les sacs de sable permettent généralement de ralentir les écoulements et de limiter les infiltrations. En revanche, ils ne garantissent pas une étanchéité totale du bâtiment.
Avantages et inconvénients
Avantages
- Faible coût ;
- Mise en œuvre possible sans gros savoir-faire ;
- Permettent de filtrer les eaux ce qui limite les pollutions (eaux usées, matières en suspension, hydrocarbures, etc.) et facilite le nettoyage post-crue.
Inconvénients
- Disponibilité limité de sable à l’annonce d’une inondation, stock peut être limité ,
- Temps long de remplissage des sacs ;
- Sacs lourds et difficiles à manipuler ;
- Si les sacs permettent de retenir les polluants, ils induisent, par là même, des problèmes d’odeur et d’hygiène (risques pour la santé) et de traitement à l’issue de l’inondation.
Prix
Pour des sacs de sable de 20 kg, comptez à peine quelques euros par unité.
Les sacs et boudins auto-gonflants

Il est possible de remplacer le sable contenu dans les sacs ou boudins par des cristaux de polymères synthétiques. Ces cristaux, une fois mouillés, se transforment en gel et augmentent de volume. Un sac rempli de ces matériaux peut absorber jusqu’à 300 fois son poids. Ce faisant, le sac (Figure 2, A) ou le boudin (Figure 2, B) tend à mieux épouser la forme du support (mur, porte etc.) et constitue une barrière anti-inondation plus lourde et plus étanche. Ces dispositifs sont réutilisables puisqu’il suffit de les faire sécher pour qu’ils récupèrent leur aspect initial. Les cristaux de polymère absorbant se trouvent aisément en quincaillerie ou en grande surface. Certains fabricants proposent à la vente des sacs ou des boudins anti-inondations déjà remplis de ce matériau. Un sac de 60 x 30 cm pèse environ 250g à sec et 15kg une fois mouillé. Ces sacs sont donc plus faciles à manipuler que les lourds sacs de sable. Tout comme les sacs de sable, les dispositifs auto-gonflants sont principalement destinés à obstruer les entrées d’eaux potentielles (porte, soupirail etc.).
Avantages et inconvénients
Avantages
- Stockage compact nécessitant moins d’espace que des sacs de sable traditionnels ;
- Faible poids avant utilisation, facilitant le transport et la mise en place ;
- Étanchéité supérieure aux sacs de sable.
Inconvénients
- Nécessité d’être conservés au sec avant utilisation ;
- Comme les sacs de sable, ne garantissent pas une étanchéité totale du bâtiment ;
- Selon les modèles, tous les sacs ou boudins auto-gonflants de sont pas réutilisables
Prix
- Pour les sacs anti-inondation de 60 cm x 30 cm pré-remplis de cristaux de polymères, comptez environ 10 € par unité.
- Pour des boudins anti-inondation de 1,5 m x 25 cm, comptez environ 20-30 € par unité.
L’emballage
L’emballage manuel

Source : https://brignais.com/wp-content/uploads/fiche_technique_inondation_d__finitif.pdf
L’emballage manuel consiste à mettre en place une membrane ou un film plastique sur les parties basses d’un bâtiment afin de limiter le contact direct entre l’eau et les parois exposées à une inondation (Figure 3). Une telle mesure permet de limiter les problèmes d’humidité des murs et de réduire le temps de séchage post-crue. Des lestes (sacs de sable, briques etc.) peuvent être employés pour maintenir le film plastique en place. L’ajout de drains est souvent un bon complément car ils évitent que les films plastiques ne se soulèvent sous l’effet de l’eau. Cette mesure nécessite une adaptation à chaque bâtiment dans la mesure où l’adhérence du plastique sur vos murs dépendra de la nature de ces dernier (présence d’aspérités). Une hauteur de plastique de 1 m est généralement suffisante pour limiter l’infiltration de l’eau dans les murs.
Avantages et inconvénients
Avantages
- Bon marché :
- Pas de savoir-faire particulier.
Inconvénients
- Mise en place longue, donc le délai d’alerte doit être suffisant pour l’installation ;
- Efficacité fortement dépendante de la qualité de mise en œuvre ;
- Cette solution ne doit pas être employée pour des hauteurs d’eau supérieures à 1m. Au-delà de ce seuil, une étanchéité des murs n’est pas souhaitable car elle pourrait engendrer de lourds dommages structurels à vos murs et fondations du fait de la pression de l’eau.
Prix
Pour un dispositif de ce type, comptez environ 40 € pour 100 m² de film plastique.
Les dispositifs d’emballage autonome

Source : https://floodframe.com
Installées autour d’un bâtiment, ce dispositif agit de manière autonome pour déployer une barrière de protection anti-inondation le long des murs d’un bâtiment. Son activation est passive, ce qui signifie qu’il ne nécessite ni électricité, ni intervention humaine. Le dispositif est constitué d’une bâche robuste et imperméable enroulée autour d’un flotteur ; le tout est enterré dans une tranchée qui épouse les contours du bâtiment à protéger (Figure 4, A). Pour un déploiement optimal, la tranchée doit être creusée à une distance comprise entre 0,25 m et 1 m des murs. En cas d’inondation, l’eau éjecte automatiquement la bâche de la tranchée et la pression de l’eau la déroule le long des murs (Figure 4, B). Le flotteur permet à la bâche de monter et descendre en fonction du niveau de l’eau. Bien qu’automatique, il est possible de déployer la bâche manuellement, de manière préventive. Ce dispositif est réutilisable. Ces dispositifs étant réalisés sur-mesures, il existe différents niveaux de protection. C’est la hauteur à laquelle les murs ou la structure pourraient être endommagés par la force de l’eau qui détermine le niveau de protection maximale (celle-ci étant fonction des matériaux et du type de construction).
Avantages et inconvénients
Avantages
- Activation automatique sans intervention humaine ;
- Fonctionnement sans alimentation électrique ;
- Dispositif généralement peu visible hors période d’inondation car intégré dans une tranchée périphérique.
Inconvénients
- Prix élevé ;
- Souscription nécessaire à un abonnement annuel pour l’entretien du dispositif.
Prix
Le prix d’un tel dispositif dépend de la configuration du bâtiment et de ses alentours. Le coût varie entre 300 € HT et 700 € HT du mètre linéaire. Pour une maison individuelle le coût total de l’installation est compris entre 9 000 € HT et 15 000 € HT. À cela s’ajoute l’abonnement annuel pour l’entretien et la maintenance du dispositif.
Les batardeaux
Les batardeaux sont des barrières anti-inondation amovibles destinées à limiter les entrées d’eau dans un bâtiment. Ils font partie des mesures couramment utilisées pour réduire la vulnérabilité des ouvertures exposées aux inondations Ils se positionnent principalement devant les portes et les fenêtres, mais des modèles spécifiques peuvent être installés pour obturer les bouches d’aération, les bouches d’égouts ou les soupiraux. Il est préconisé de ne pas dépasser une hauteur de 0,80 m de façon à permettre une évacuation rapide des occupants en cas de nécessité. De même, la hauteur des batardeaux ne doit pas excéder 1m afin de respecter l’équilibre de la pression hydraulique entre les faces intérieures et extérieures des murs du bâtiment. Certains batardeaux sont commercialisés, mais il est également possible de les réaliser soi-même. Il est recommandé d’employer des éléments en aluminium ou en inox pour accroitre la résistance du dispositif face aux éléments charriés par les flots.
On distingue deux principaux types de batardeaux :
- les batardeaux autobloquants ;
- les batardeaux à glissières.
Le choix du batardeau se fait avant tout en fonction du type de support (béton lisse ou pierres rugueuse), du niveau de protection attendu et du coût du dispositif.
Les batardeaux à glissières

Source : A – https://www.lapreventif.fr; B – https://www.techni-contact.com
Les batardeaux à glissières reposent sur la mise en place de rails ou glissières fixés de manière permanente autour de l’ouverture à protéger. Les glissières sont permanentes tandis que les plaques sont amovibles. Lorsqu’une inondation est annoncée, une ou plusieurs plaques amovibles sont insérées dans ces glissières afin de constituer une barrière temporaire. L’étanchéité est généralement assurée par des joints positionnés sur les plaques ou dans les rails. Les plaques sont généralement d’un seul tenant pour les ouvertures les plus réduites (portes et fenêtres ; Figure n°5, A) et empilables pour les ouvertures les plus larges (baies vitrées, portes de garage etc. ; Figure n°5, B).
Ces dispositifs présentent un réel potentiel d’étanchéité mais nécessitent une préparation minutieuse en amont. De fait, leur installation requiert des supports lisses et parallèles afin d’assurer une étanchéité maximale. Il peut ainsi être nécessaire de revoir les supports avec un maçon avant de fixer les glissières. Les glissières peuvent être montées en applique (Figure n°6, A) ou en tableau (Figure n°6, B). Les batardeaux de ce type sont rapides à déployer, dès lors que les glissières sont déjà en place lorsque survient une inondation.

Figure 6 : A – Un batardeau peut s’installer devant l’ouverture, dans ce cas nous parlons de pose en applique ; B – Ou un batardeau peut se positionner à l’intérieur de l’ouverture, il s’agit alors d’une pose en tableau.
Source : https://sedipec.com/wp-content/uploads/2019/10/type-de-pose-Modul.jpg
Avantages et inconvénients
Avantages
- S’adaptent à tous types d’ouvertures et assurent une protection efficace pour des hauteurs d’eau inférieures à 1m ;
- Généralement assez légers et donc faciles à manipuler ;
- Déploiement rapide une fois les glissières installées.
Inconvénients
- Nécessite l’installation préalable de composants fixes sur le bâtiment ;
- Les performances dépendent fortement de la qualité du support et de la pose ;
- Les glissières peuvent avoir un impact visuel sur certaines façades. Cette appréciation reste toutefois subjective.
Prix
Le coût du batardeau dépend ses dimensions et du matériau qui le compose. Les prix (sans pose) varient entre 150 € et 1 600 €. Comptez environ 450 € pour un batardeau en aluminium d’1 m de long et 0,8 m de haut (type porte ou fenêtre) et 1 200 € pour un batardeau en alu de 3 m de long et 1 m de haut (type porte de garage). Notez que les batardeaux à glissières ont une TVA à 10 % car leur fixation est adossée au bâti ; et ce dans la mesure où l’habitation a plus de 2 ans.
Les batardeaux autobloquants

Source : https://interalliance.fr
Contrairement aux batardeaux à glissière, les batardeaux autobloquants sont constitués d’un seul tenant et sont dépourvus de glissières (Figure 7, A). Aucune préparation en amont est nécessaire. Ils sont donc très rapides à installer. Certains modèles sont dotés d’une poignée de compression pour faciliter leur mise en place (Figure 7, B). L’étanchéité est assurée par un système de joints périphériques et un mécanisme de compression. Ce faisant, ils ne peuvent être installés qu’en tableaux.
Avantages et inconvénients
Avantages
- Absence de glissières permanentes sur la façade, et donc préservation de la largeur de passage lorsque le dispositif n’est pas installé ;
- Mise en place rapide pour certains modèles ;
- Dispositif totalement amovible.
Inconvénients
- Nécessite une géométrie d’ouverture adaptée ;
- La qualité des appuis et des surfaces conditionne fortement l’étanchéité ;
- Les performances doivent être vérifiées au cas par cas auprès du fabricant et de l’installateur ;
- Généralement plus chers que les batardeaux à glissières.
Prix
Le coût des batardeaux autobloquants dépend de ses dimensions et du matériau qui le compose. Les prix varient entre 400 € et 1 150 €. Comptez environ 600 € pour un batardeau en aluminium d’1 m de long et 0,8 m de haut (type porte ou fenêtre) et 1 000 € pour un batardeau en aluminium de 2 m de long et 1 m de haut (type porte de garage).
Les portes étanches

Source : https://aqualock.fr
Les portes étanches (ou portes anti-inondation) sont des dispositifs permanents destinés à empêcher ou à limiter l’entrée de l’eau à travers certaines ouvertures d’un bâtiment.Comme leur nom l’indique, ce sont des portes en aluminium ou en acier galvanisé capables de résister à de fortes pressions. Il existe une grande variété de modèle : portes d’entrée, de cave, pour cages d’ascenseur ou salles de serveurs, portes de garage et portillons extérieurs etc. (Figure 8, A). Les portes étanches disposent le plus souvent de deux poignées. La première permet de fermer la porte de manière classique, tandis que la seconde permet d’assurer l’étanchéité via la compression du panneau sur le plan de joint (Figure 8, B). Pour maximiser l’efficacité de la protection, la porte doit être posée sur des supports plans et bien nivelés. Selon les modèles et les matériaux employés, ces dispositifs peuvent supporter des niveau d’eau compris entre 0,5 m et 5 m.
Avantages et inconvénients
Avantages
- Protection permanente intégrée au bâtiment, permettant de conserver un usage quotidien de l’ouverture ;
- Constituent aussi une protection contre les intrusions ;
- Déploiement très rapide, puisqu’aucun autre équipement ne doit être installé avant l’arrivée de l’eau ;
- Disponibles pour de nombreuses configurations d’accès (locaux techniques, portes piétonnes, portes de garage, etc.).
Inconvénients
- Coût généralement plus élevé que celui de nombreuses protections amovibles ;
- Pour être efficace, ces dispositifs doivent toutefois être installés sur des supports adaptés ; d’où de possible travaux de maçonnerie légers ;
Notez par ailleurs qu’il n’est pas toujours pertinent d’empêcher l’eau d’entrer dans les bâtiments. De fait, cette dernière est susceptible d’endommager la structure du bâtiment à travers la poussée hydrostatique qu’elle génère sur les murs. On considère généralement qu’au-delà d’1 m d’eau, il est préférable de laisser l’eau s’écouler à l’intérieur du bâtiment afin de ne pas mettre en péril son intégrité.
Prix
Comptez environ 3 500 € pour une porte étanche standard (215 cm x 90 cm) et entre 4 500 € (protection 50 cm de hauteur) et 6 000 € (protection > 50 cm) pour une porte de garage standard (200 cm x 250 cm).
Les barrières anti-inondation passives
Les barrières anti-inondation passives sont des dispositifs de protections autonomes qui assurent une protection efficace même en cas de fortes inondations. Le fonctionnement de ces barrières est fondé sur le principe de la poussée d’Archimède et ne nécessite par conséquent aucun apport énergétique. On distingue deux types de barrières passives ; celles à levées verticales (Figure 9, A) et celles à levées horizontales (Figure 9, B).

Source : https://www.esthifrance.com
Les barrières anti-inondation passives à levées verticales

Source : EPTB SGL, d’après https://www.esthifrance.com
Les systèmes à levée verticale comportent une barrière flottante stockée dans une cuve ou un caisson enterré lorsqu’aucune inondation n’est présente. Lors de la montée des eaux, l’eau pénètre dans le dispositif et provoque l’élévation automatique de la barrière (Figure 10, B C). En phase de décrue, la barrière s’abaisse automatiquement. Hors période de crue (Figure 10, A), la barrière est logée dans une cuve enterrée faite de métal ou de béton.
Une fosse peut être placée quelques mètres en amont afin de permettre le levage de la barrière avant que ne survienne la crue. Ce type de barrière est généralement employé pour protéger les entrées de parkings souterrains mais peut s’adapter facilement pour d’autres usages. Ce type de dispositif offre une protection comprise entre 0,5 m et 2,5 m.
Les barrières anti-inondation passives à levées horizontales

Source : EPTB SGL, d’après https://www.esthifrance.com
Pour ce type de dispositif, la barrière s’élève et s’abaisse en fonction du niveau de la crue par la seule force de l’eau. Hors période de crue (Figure 11, A), la barrière repose horizontalement dans un bassin métallique lui-même ancré dans une base béton. Le système, hors période de crue, permet le passage de piétons et de véhicules. En période de crue (Figure 11, B et C), l’eau soulève la barrière par la seule pression hydrostatique de l’eau. Ce type de dispositif offre une protection comprise entre 0,5 m et 2 m.
Avantages et inconvénients
Avantages
- Déploiement automatique sans intervention humaine ;
- Dispositifs peu visibles hors inondations ;
- Adaptés aux phénomènes de crues rapides ou aux situations dans lesquelles un déploiement manuel serait difficile.
Inconvénients
- Prix élevé ;
- Travaux nécessaires pour l’installation ;
- Nettoyage indispensable après une inondation ;
- Maintenance et inspections périodiques nécessaires afin de garantir le bon fonctionnement du dispositif ;
Prix
Pour une barrière anti-inondation passive d’1 m de long, comptez entre 11 000 € (protection 50 cm de hauteur) et 15 000 € (protection ≤ 1,50 cm de hauteur). Pour une barrière anti-inondation passive de 4,5 mètre de long, comptez entre 28 000 € (protection ≤ 50 cm de hauteur) et 52 000 € (protection ≤ 1,50 cm de hauteur).
L’obturation des regards, bouches d’aérations et gaines de réseaux
En dépit de leur efficacité, les barrières anti-inondations seules demeurent insuffisantes pour protéger un bâtiment des infiltrations d’eau. Les bouches d’aérations, regards et gaines de réseaux (électriques, téléphoniques, d’assainissement etc.) constituent, en effet, autant de points d’entrée d’eau possibles en cas d’inondation. Pour protéger efficacement son habitation, il convient donc de boucher ces points d’entrée.
Protection des regards et des bouches d’égout

Source : A – https://www.denios.fr; B – https://www.batiproduits.com
Les regards sont des ouvrages, généralement bétonnés ou maçonnés, dotés d’une ouverture permettant l’inspection et l’entretien d’un conduit ou d’une canalisation souterraine. Tout comme les bouches d’égout, ils peuvent constituer des points d’entrés de l’eau. Obturer ces ouvertures de manière préventive permet d’éviter l’infiltration d’eau, mais aussi de substances dangereuses ou polluantes dans les égouts et les canalisations. Il existe une grande variété de modèles de cache pour ces types d’ouverture :
- Tapis étanches en néoprène ou matériaux équivalents (Figure12, A) ;
- Coussins d’obturation en tissus plastifiés ;
- Bouches-canalisations en tôle d’aluminium ;
- Plaques ou trappes étanches (Figure 12, B) etc ;
- Etc.
Le choix d’un modèle plutôt que d’un autre dépend essentiellement de l’environnement, des hauteurs d’eau et du niveau de protection attendu.
Les tapis d’obturation souples reposent généralement sur la pression de leur propre poids et sur l’adhérence du matériau afin de recouvrir temporairement une ouverture. Les modèles en néoprène sont largement utilisés dans le domaine de la prévention des pollutions accidentelles et de la protection des réseaux pluviaux.
Les trappes étanches, quant à elles, sont des dispositifs permanents intégrés à l’ouvrage. Certains modèles utilisent un système de fixation mécanique et des joints périphériques destinés à limiter les infiltrations et les débordements.
Pour des crues de faible à moyenne intensité (faibles vitesses et/ou hauteurs d’eau), privilégiez les dispositifs de type tapis en néoprène ou coussin d’obturation qui présentent le triple avantage d’être bon marché, aisément déployables et faciles à stocker (Figure12, A).
Pour des crues plus importantes (vitesses et hauteurs d’eau élevées) optez plutôt pour des dispositifs élaborés avec des matériaux résistants comme les trappes étanches constituées de panneaux métalliques (Figure 12, B).
Avantages et inconvénients
Avantages
- Outils pertinents pour éviter que l’eau ne pénètre dans les réseaux ;
- Complètent les autres dispositifs de protection contre les inondations ;
- Mise en place généralement rapide pour les systèmes souples (tapis, couvertures, coussins) ;
Inconvénients
- Les performances dépendent fortement :de la qualité du support ;
- de la géométrie de l’ouvrage ;
- du dispositif choisi ;
- des conditions hydrauliques rencontrées.
- Certains dispositifs nécessites des travaux d’installation ;
- Une surveillance et un entretien périodiques sont nécessaires pour garantir leur bon fonctionnement.
Certes, ces dispositifs sont plus chers et peuvent nécessiter des aménagements spécifiques (maçonnerie) ; néanmoins ils sont plus durables et assurent un niveau de protection optimal.
Prix
Les prix de ces dispositifs sont fonction des matériaux qui les constituent. Comptez environ 100 € pour un tapis étanche de 100 cm x 100 cm en néoprène et jusqu’à 750 € pour une trappe étanche en tôle d’aluminium de 75 cm x 75 cm.
Protection des bouches d’aération et de ventilation

Source : A –https://www.vevor.fr/, B – https://www.inondation-protection.fr

Source : A – https://www.inondation-protection.fr, B – https://sedipec.com
Les ouvertures de ventilation et d’aération peuvent constituer des voies d’entrée de l’eau lors d’une inondation. Plusieurs familles de dispositifs existent afin de limiter ou empêcher ces entrées d’eau. Certains permettent de les limiter, d’autres les empêchent purement et simplement.
On distingue notamment :
- des dispositifs maintenant la fonction de ventilation tout en limitant certains apports extérieurs : bloquent les sédiments, débris flottants et polluants tout en laissant passer l’eau (Figure 13, A et B) ;
- des dispositifs d’obturation destinés à fermer temporairement une ouverture exposée, qui se vissent ou se « clippent » sur les façades extérieures des bâtiments (Figure 14, A et B).
Privilégiez les solutions obturantes en deçà des 70-80 cm. Au-delà, il est préférable de laisser pénétrer l’eau dans le bâtiment pour éviter de mettre en danger l’intégrité structurelle du bâtiment à cause de la pression hydrostatique de l’eau. De fait, une pression de l’eau trop importante pourrait entraîner un affouillement et des dégâts sur la structure même du logement.
Quelque soit le dispositif adopté, il faut prendre garde à l’enlever dès que l’on retourne à son domicile, afin de permettre au bien de sécher plus rapidement, d’évacuer les éventuelles vapeurs toxiques et de limiter la pression hydrostatique qui pourrait être exercée par l’eau sur les fondations du bâtiment équipé.
Avantages / inconvénients
Avantages
- Complètent les autres dispositifs de protection contre les inondations ;
- Certaines solutions sont peu encombrantes, bon marché et discrètes ;
- Faciles d’installation : se fixent généralement par une simple pression, ou sont préalablement intégrés dans un encadrement ;
Inconvénients
- Les performances dépendent fortement du produit utilisé, de sa pose et de la configuration du bâtiment ;
- Les dispositifs d’obturation doivent être entretenus afin de conserver leur efficacité ;
- Une fermeture prolongée des systèmes de ventilation peut affecter le renouvellement de l’air du bâtiment.
Prix
Les prix de ces dispositifs sont fonction des matériaux qui les constituent (fibre de verre, PVC, aluminium etc.).
- Pour les dispositifs filtrants, comptez entre 70 € et 100 € pour une grille métallique de 20 cm x 40 cm (Figure 13, A) et environ 100 € pour une brique avec valve intégrée (Figure 13, B) ;
- Pour les obturateurs comptez environ 100 € pour un cache hermétique en fibre de verre de 20 cm x 10 cm (Figure 14, A) et environ 5€ pour un cache en PVC de 10 cm de diamètre (Figure 14, B).
Calfeutrage des entrées de réseaux

Les réseaux essentiels (électriques, téléphoniques, d’assainissement etc.) sont généralement posés dans des gaines ou fourreaux qui vont constituer autant d’entrés d’eau possibles en cas d’inondation. C’est d’autant plus vrai dans les constructions modernes où les entrées de réseaux sont disposées dans des gaines de grande taille (90 mm ou 110 mm) qui peuvent créer d’importantes voies d’entrée d’eau. Pour pallier à ces infiltrations, il est recommandé de colmater l’ensemble des gaines et fourreaux du bien à protéger. Pour ce faire, deux possibilités :
- Équiper l’ensemble des fourreaux de capuchons prévus à cet effet (Figure 15, A et B) ;
- Colmater les fourreaux avec du béton ou tout autre matériaux permettant de les étanchéifier (Figure 16, A et B). Il est bien entendu important de ne pas appliquer cette mesure aux tuyaux ne pouvant être colmatés (cf. ci-avant pour les bouches d’égout, de ventilation etc.).
De même que pour les protections de bouches d’aération et de ventilations, il est déconseillé de calfeutrer les entrées de réseaux situées au-delà d’1m de hauteur afin de ne pas mettre en danger les fondations du bien à protéger.
Avantages / inconvénients
Avantages
- Coût faible
Inconvénients
- Nécessité de disposer d’un inventaire exhaustif des réseaux techniques afin de mettre en évidence les éventuelles voies d’entrée d’eau ;
- Intervention d’un expert indispensable pour la mise en place des dispositifs ;
- Les dispositifs doivent rester compatibles avec l’exploitation, l’entretien et l’évolution future des réseaux ;
Prix
Les prix de ces dispositifs sont essentiellement fonction du diamètre des gaines à obturer. Pour les caches étanches, comptez entre 0,5 € et 10 € pièce (Figure 15, A). Un sac de béton multi-usages (30 kg) coûte entre 5 € et 10 € l’unité (Figure 15, B).
Installer des clapets anti-retours

Source : wikipedia.org
Lors d’épisodes de fortes pluies ou d’inondations, les réseaux d’assainissement peuvent débordés. Dans certaines situations, les eaux usées ou les eaux pluviales refoulent alors vers les bâtiments en remontant par les canalisations raccordées au réseau public. Cette remontée peut se produire via les toilettes, siphons de sol, douches, baignoires ou autres équipements raccordés au réseau d’évacuation.
Cette eau, contaminée, peut entrainer des problèmes d’odeurs nauséabondes et de salubrité qui entraînent d’importantes difficultés de nettoyage. Il est donc primordial d’empêcher cette eau sale d’entrer dans le bâtiment.
Pour ce faire, il est possible d’équiper ces réseaux critiques avec des clapets anti-retours (ou clapet anti-refoulements). Ces dispositifs, lorsqu’ils sont correctement entretenus, empêchent la remontée des égouts dans les logements. En situation normale les effluents (eaux évacuées) sont libres de rejoindre le réseau d’assainissement communal et, dans le cas où les effluents cherchent à remonter les canalisations, un dispositif (clapet, boule…) vient se fermer de façon à les bloquer (Figure 16).
Avantages / inconvénients
Avantages
- Protection complémentaire aux autres dispositifs de réduction de vulnérabilité aux inondations ;
- Limitation du risque de refoulement des eaux usées dans les bâtiments lors d’une surcharge du réseau d’assainissement ;
- Fonctionnement automatique.
Inconvénients
- Installation nécessite l’intervention d’un professionnel qualifié (plombier) dans la mesure où des découpes auront lieu sur le circuit d’eau de votre logement, et où l’étanchéité de l’installation devra être parfaitement assurée ;
- Un entretien régulier effectué par un professionnel du bâtiment est indispensable ;
- Le propriétaire devra vérifier la capacité de la canalisation à résister à la surpression.
Prix
Les prix de ces dispositifs sont essentiellement fonction de l’accessibilité des réseaux à équiper. Les clapets en eux-mêmes ont un coût assez modique compris entre 20€ et 50€. Dans les cas les plus simples (accès facile aux réseaux) l’installation d’un clapet anti-retours (matériel et pose) vous coutera aux alentours de 300 €. Dans le cas où les réseaux sont difficiles d’accès, l’installation d’un clapet pourra impliquer des travaux de terrassement se chiffrant possiblement à plusieurs milliers d’euros. Il est pertinent de choisir dans ces configurations des clapets dits « sans pertes de charge » dont la technologie va limiter les dysfonctionnements liés aux débris. En effet, les clapets les plus simples sont susceptibles de coincer des débris et peuvent provoquer des dysfonctionnements s’ils ne sont pas entretenus.
En synthèse
- Il n’existe pas de solution universelle capable, à elle seule, de protéger efficacement une habitation contre tous les types d’inondation. L’efficacité des mesures dépend fortement de la nature de l’aléa (débordement de cours d’eau, ruissellement, remontée de nappe, refoulement des réseaux), des caractéristiques du bâtiment et de la qualité de la mise en œuvre ;
- Les dispositifs les plus répandus peuvent être regroupés en trois catégories complémentaires :
- les protections des ouvertures (batardeaux, portes étanches, barrières passives) ;
- les protections des réseaux (clapets anti-retour, obturation des gaines) ;
- les protections des points d’entrée secondaires (ventilations, regards, bouches d’égout).
- Les équipements empêchant l’eau d’entrer dans le bâtiment peuvent être efficaces dans certaines situations, mais leur utilisation doit être compatible avec la résistance structurelle du bâtiment. Les pressions hydrostatiques exercées par l’eau constituent un point de vigilance majeur souvent sous-estimé ;
- En pratique, la stratégie la plus pertinente repose généralement sur une combinaison de plusieurs mesures adaptées au bâti et à l’aléa local, plutôt que sur le recours à un dispositif unique présenté comme une solution miracle.
Recommandations pratiques et avertissements
- Avant tout investissement, il est recommandé de s’appuyer sur un diagnostic de vulnérabilité ou sur l’avis d’un professionnel compétent afin de sélectionner les mesures les mieux adaptées au bâtiment et aux risques auxquels il est exposé, tout en identifiant les éventuelles aides financières mobilisables ;
- Certains travaux de réduction de la vulnérabilité peuvent être soutenus financièrement par les pouvoirs publics. En France, le Fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM), dit « fonds Barnier », peut financer, sous certaines conditions, des mesures de réduction de la vulnérabilité des biens existants situés dans des zones exposées aux risques naturels. Pour les logements d’habitation, le taux maximal d’aide peut atteindre 80 % du montant des travaux, dès lors que votre bien est situé dans une zone inondable couverte par un Plan de prévention du Risque Inondation (PPRI) prescrit ou approuvé.
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