Crue d'été

Mai – Juin 1856

Icône cours d'eau Cours d'eau
Armançon, Aube, Barse, Brenne, Cure, Marne, Seine, Serein, Yonne

Icône indice de gravité Indice de gravité
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<p>Mai – Juin 1856 </p> <p>Deux crues successives, atypiques par leur saisonnalité, surviennent courant mai. Remarquables sur l’Yonne et ses affluents, elles restent modérées ailleurs. </p> <p>Cours d’eau : Marne, Seine, Yonne, Aube, Cure, Barse, Serein, Armançon, Brenne</p>

Météorologie et hydrologie

Les précipitations du mois de mai 1856 sont importantes sur le haut bassin de la Seine. On relève 133 mm les 10, 11 et 12 mai à Semur, dont 79 mm le 11 mai. Un nouvel épisode survient à la fin du mois et au début de juin. Chaque événement génère des crues notables, plus marquées toutefois mi-mai.

La Seine à Paris atteint des hauteurs rares pour la saison. « …la crue du 17 mai dernier, qui a atteint, à l’échelle du Pont-Royal, la cote 5m70, a dépassé toutes celles qui ont été observées dans le même mois depuis 1777, sauf celle du 8 mai 1836, qui s’est élevée à 5m62 à l’échelle du pont de la Tournelle, ce qui correspond à la cote 6m49 de l’échelle du Pont-Royal. Cette crue du 17 mai est entièrement due à la partie du bassin située en amont du confluent de la Marne. Plusieurs des affluents de l’Yonne, notamment l’Armançon, ont atteint le niveau des plus hautes eaux connues, et ont perdu complètement les récoltes dans le fond des vallées ; la Marne et l’Oise, au contraire, ont à peine éprouvé une légère variation de niveau. La crue suivante du 4 juin s’est élevée à la cote 4m98 au Pont-Royal ; elle a dépassé la plus forte crue observée depuis 1777 dans les mois de juin, juillet, août, septembre et octobre, et celle du 16 juillet 1816, a atteint au pont de la Tournelle la cote 3m59, niveau qui correspond à la cote 4m48 du Pont Royal ; la Seine, le 16 juillet 1816, est donc restée à 0m52 au-dessous du niveau atteint le 4 juin dernier » (1)

Mi-mai, l’Yonne connaît une crue modérée. On enregistre 4,04 m à l’échelle hydrométrique de Sens, 2,64 m à Clamecy, 2,57 m à Auxerre, 3,79 m à Joigny, 4,22 m encore à Montereau. Ces niveaux sont nettement inférieurs aux PHEC. Les affluents par contre connaissent des crues beaucoup plus importantes comme l’Armançon (3,12 m à Aisy, 3,20 m à St-Florentin), le Cousin (2,30 m à Avallon).

Fin mai et début juin, la Marne s’élève à 3,95 m à Joigny, niveau inférieur à celui de 1802 et 1836 (3,97 et 4,11 m respectivement), mais supérieur à ceux atteints en 1613, 1697, 1740. La haute Seine monte régulièrement pour atteindre un niveau d’étale durant plusieurs jours. À Méry, elle reste 18 cm au dessous de son niveau de 1850.

Hauteurs journalières de la Seine et de quelques uns de ses affluents amont en mai-juin 1856.

Conséquences

Les plaines de tous les cours d’eau cités précédemment sont recouvertes par les eaux.

Profil en long de l’Armançon, avec ligne d’eau de 1856 (extrait), 1860.
Profils en travers avec niveau des crues de la Cure, 1860.
Périmètre inondé sur la Seine en 1856 (extrait), 1860.
Périmètre inondé sur l’Yonne en 1856 (extrait), 1860.

Ailleurs en France

Fin mai et début juin, les bassins du Rhône, de la Loire ainsi que ceux de l’Adour et dans une moindre mesure de la Garonne, connaissent des crues catastrophiques, dévastant plaines et villes. Elles font encore référence aujourd’hui. Le bassin de la Seine est en marge de cet évènement majeur au niveau national.

 

  1. Annuaire de la société météorologique de France, Tome IV. 2ème partie. Séance du 10 juin 1856, Paris.
  2. Champion (Maurice), Inondations en France depuis le VIème siècle jusqu’à nos jours, tome II p. 66, pp. 135-139.
  3. Service hydrométrique du bassin de la Seine, Observations faites sur les cours d’eau du 1er mai 1856 au 30 avril 1857, 1857.
  4. AN.
  5. Service hydrométrique du bassin de la Seine, Observations faites sur les cours d’eau du 1er mai 1856 au 30 avril 1857, 1857.
  6. https://fr.wikipedia.org/wiki/Inondation_de_1856_en_France