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Les eaux de la Seine s’élèvent place de Grève jusqu’à la chapelle du St-Esprit. Les ponts de Paris sont fortement exposés.
La débâcle glaciaire de la Seine amont et de la Marne surprend les Parisiens en pleine nuit du 15-16 janvier. Les chocs répétés des blocs de glace et des matériaux – y compris des bateaux – contre les piles des ponts détruisent une partie du pont des Tuileries. La plaine d’Ivry est couverte de glaçons. Dans Paris, les amas au passage des ponts atteignent plusieurs mètres de haut, fermant presque totalement les arches. Leur dérive emporte nombre de bateaux et moulins. Huit ou neuf lavandières furent noyées, de même que plusieurs ouvriers des moulins. On évoque à l’époque 25 à 30 décès au total.
« (…) Il y a encore présentement un très grand sujet de craindre pour tous les autres ponts de Paris et surtout pour les ponts de la Tournelle et petit pont… parce qu’il s’y est arrêté des montagnes de glace que ces ponts auront peine à soutenir longtemps… Les glaces qui sont entassées à la tête et au milieu de la rivière d’une manière tellement extraordinaire que le peuple y accourt de tout côtés pour voir ces amas de glace dont l’épaisseur et la quantité ont quelque chose de prodigieux (…) A la Tournelle … la glace.. s’y est élevée jusques au premier étage (…) » (BNF, Mélanges Colbert, vol. 174, f° 160 – Lettre de De la Reynie à Colbert, 16 janvier 1677)
« (…) Le bruit que fit la rupture des glaces fut si grand qu’il semblait que ce fut autant de coups de canon et la crue des eaux fut si violente… que dans un instant elle se trouva augmenté de sic ou sept pieds (1.80m/2.20m) (…) » (BNF, Mélanges Colbert, vol. 174, f° 168-172 – Lettre de De Ryand à Colbert, 15 janvier 1677).