Crue d'été

Mai – Juin – Juillet 1613

Icône cours d'eau Cours d'eau
Armançon, Cure, Seine, Yonne

Icône indice de gravité Indice de gravité
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<p>Mai – Juin – Juillet 1613 </p> <p>Inondation catastrophique de l’Yonne et crue notable de la Seine à Paris. </p> <p>Cours d’eau : Armançon, Cure, Seine, Yonne </p> <p>Villes : Châtillon-sur-Seine, Clamecy, Chablis, Coullanges, Cravant, Joigny, Paris, Semur-en-Auxois, Sens, Vermanton</p>

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Les pluies continuelles intervenues entre mai et juillet 1613 sont à l’origine d’une crue exceptionnelle de l’Yonne et de la Cure. Les villes de Vermanton, Semur-en-Auxois, Sens, Joigny, Clamecy, Coullanges, ….sont durement affectées. A Paris, la place de Grève, proche de l’hôtel de ville, est sous les eaux. Il existe également un témoignage de l’événement à Châtillon-sur-Seine où une procession est organisée.

En juillet « (…) ladite crue d’eau fut si soudaine que n’ayant peu être prévenue pour la saison elle emmena grande quantité de trains et piles de bois qui étaient sur les ports de cette ville (…) » (Délib. Ville Paris) « (…) La Cure & l’Yonne se joignirent, & la Seine fut toujours si grosse qu’au mois de Juillet elle couvrit une grande partie de la Grève: ce qui arriva si subitement, & surtout dans un tems qu’on devoit s’y attendre le moins, que quantité de trains & de piles de bois sur les ports furent entrainés en un instant (…) » (Sauvage)

Les dégâts sur le bassin de l’Yonne sont particulièrement considérables, notamment à Cravant et Vermanton. À Semur, le 17 juillet, l’Armançon emporte plusieurs moulins et manufactures (teinturiers, foulons, tanneries, etc.). La force du courant est telle qu’elle dépave les rues creusant par endroits des fonces de plusieurs mètres de profondeur. Le pont Pinard est détruit, 50 maisons s’effondrent noyant au moins 15 personnes. Le Roi accordera une réduction fiscale à la ville six ans de suite. Dans les campagnes, les pertes sont non moins considérables, la crue emportant les céréales prêtes pour la moisson.

« 18 juillet 1613, au point du jour un flot en forme de petit déluge est arrivé sur la rivière d’Armançon, dont les moulins de Dannemoine, La Chapelle, Flogny, Saint-Benoit et autres ont été abattus tout à fait. Les arches du pont St-Nicolas, du côté d’Epineuil, moitié du pont nord et celui de Chablis, dont la porte du pont et grande quantité de ses murailles ont été abattues. La rivière d’Yonne et celle du Serein ont eues de grandes eaux et ont fait grands dégâts au pays. On avait jamais ouy parler d’un si grand débord des eaux » (État civil de Dannemoine ; dans Blin E., « Remarques météorologiques faites au bon vieux temps dans les communes qui composent le département de l’Yonne, Bulletin de la société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne, 1847, p. 256).

À Sens, les eaux s’avancent jusqu’à l’église St-Maurice. « (…) Ce jour (19 juillet 1613), sous la cardinal Duperron, archevesque de Sens, la rivière d’Yonne enfla de telle sorte qu’elle arrosoit en temps d’esté les murs de l’église paroissiale de Saint-Maurice, ainsi qu’il est marqué sur une pierre derrière ladite église « et le 19 juillet l’an seize cent et treize, flottoit ici dessus la rivière à son aise » … » (Quantin M., « Histoire de la rivière d’Yonne »,  Bulletin de la société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne, 1847, p. 497).

Le saviez-vous

L’approvisionnement de Paris en bois se faisait principalement à l’époque par la voie fluviale. Les forêts du Morvan, par l’intermédiaire de l’Yonne et de ses affluents, fournissaient les plus gros volumes.

« (…) Guillaume de Villaines et Guillaume Philippes, marchans de bois, bourgeois de Paris, … ont faict achapts de grande quantittez de bois aux pais de Morvant et Nivernois, lequel avec grandes risques, périls et fortunes ils font journellement admener et voicturer par trains en cestedite ville pour la provision et forniture d’icelle (…) De quoy ils sont frustrez ou de la plus grande partie, d’aultant que à cause des grandes pluyes qu’il a faict depuis quelque temps en ça les rivières de Cure et Yonne sont tellement grossyes qu’elles ce sont joinctes ensemble, et le moyen dudit desbordement des rivières tous leursdits bois, ou du moings la plus grande partie qui estoit empillé sur lesditz ports a este despillé et entresné aval l’eau, de manière qu’il se peult dire que lesdites rivières jusques à Montereau, mesmes Mellun, sont couvertes de leurdit bois, lequel est à la pillerye d’ung chacun, et principalement des païsans et autres personnes des villaiges estans proches et lelong desdites rivières (…) » (Délibération du bureau de la ville de Paris, juillet 1613).

 

  1. Champion (Maurice), Inondations en France depuis le VIème siècle jusqu’à nos jours, tome I, p. 73 ;
  2. Champion (Maurice), Inondations en France depuis le VIème siècle jusqu’à nos jours, tome II, pp. 26, 122, 1859.
  3. AN-CARAN, H2 1891 (délibération du bureau de la ville de Paris)
  4. Sauvage H, Histoire et recherche des Antiquités de la Ville de Paris, 1724.
  5. Quantin, Histoire de la rivière d’Yonne, 1717.
  6. Le Grand L., Registres des délibérations du bureau de la ville de Paris, t. XV, 1610-1614, Paris, IN, 1921, p. 272.