Etude d’évaluation de la culture du risque et préconisations pour la mise en œuvre du PAPI francilien

2017
Référent(s)
Yann RAGUENES
Marion CAUVIN
Organisme(s) Pilote(s)
EPTB Seine Grands Lacs
Retour d'expérience

Cette étude a été élaborée entre 2016 et 2018 à l'échelle de l'Ile-de-France en vue d'évaluer l'état de la culture du risque. Les sciences sociales ont été largement mises à contribution : La première phase propose un état des lieux et s'appuie sur une série d'interviews, de focus groupe et un sondage quantitatif. La seconde phase comprend une série de préconisations pour la mise en œuvre des démarches de sensibilisation des franciliens. La démarche globale EPISEINE est issue de ces constats et de ces préconisations.

Shéma connaissance conscience adhésion action

Contexte et objectif

Si l’agglomération parisienne est le territoire français le plus exposé aux inondations, ses habitants s’avèrent très peu sensibilisés à ce risque. Le désintérêt du grand public pour le sujet des risques en général est certain. L’absence de crues majeures depuis plusieurs décennies avait contribué à effacer la mémoire de leur réalité. Les crues répétées de 2016 et 2018, de faible ampleur dans la zone urbaine dense, ont néanmoins marqué les esprits.
Cette étude s’inscrit dans le PAPI (Programme d’actions de prévention des inondations) de la Seine et de la Marne franciliennes. L’un des trois objectifs de ce PAPI est l’accroissement de la culture du risque inondation auprès des populations situées en zone inondable. Or, pour atteindre cet objectif et ainsi contribuer à réduire la vulnérabilité  du bassin de la Seine, une compréhension suffisamment fine du territoire est indispensable. Aussi, cette étude vise à apprécier l’état de la culture du risque inondation des franciliens (phase 1) et à formuler des recommandations permettant de sensibiliser le plus efficacement possibles les différents acteurs à un tel risque (phase 2).

Méthodologie

Après s’être réunis plusieurs fois en groupe de travail, les départements membres, les partenaires et l’EPTB Seine Grands Lacs ont validé un cahier des charges permettant de sélectionner un prestataire pour réaliser cette étude.
Un Comité de pilotage composé de représentants de la Direction générale de l’EPTB, de la Préfecture de Police et de la DRIEE s'est réuni tout au long de l'étude pour orienter le travail du titulaire et valider les principales phases. Le suivi technique des différentes missions a été assuré par un Comité technique composé des représentants des membres du COPIL.

 

Description de l’action

Etablissement du diagnostic de la culture du risque

Le diagnostic de la phase 1 a permis de confirmer et de préciser en quoi la culture du risque inondation telle qu’elle existe en Île-de-France aujourd’hui est insuffisante au regard des enjeux extrêmement importants des inondations sur ce territoire.
Mais cette étude a également mis en évidence un certain nombre de facteurs ou conditions favorables sur lesquels les stratégies pourront s’appuyer. Il s’agit tout d’abord des 2 crues récentes qui ont, d’une manière ou d’une autre, marqué les esprits et, de fait, créé un effet de résonnance particulier pour les actions de sensibilisation à venir.

Cet effet sera fugace si on ne « profite » pas de cette période pour ancrer des messages sur l’inéluctabilité des crues, la responsabilité de tous dans la gestion de ces crises, ...

Sur le plan de la gestion du risque inondation, s’opère un changement de paradigme depuis plusieurs années : basée sur la gestion très centralisée et orientée sur la maîtrise de l’aléa, la politique publique en la matière intègre maintenant la réduction de la vulnérabilité des enjeux et le partage des responsabilités entre tous. Ce changement sociétal se diffuse progressivement parmi les parties prenantes (avec un niveau d’acceptation et de mise en œuvre encore hétérogène et globalement limité).

Ce changement de paradigme s’accompagne d’une ouverture aux sciences sociales de la thématique des inondations, qui apportent des éclairages essentiels à la réussite des actions de sensibilisation. Cette évolution entraîne aussi des dispositifs, des actions novatrices, et réussies à l’image d’EU Sequana (2016), et des premières actions de sensibilisation développées dans le PAPI et la SLGRI (création d’un comité de sensibilisation).


Les parties prenantes évoluent : les acteurs de la communication sont de plus en plus diversifiés, à l’image des cibles ; les outils développés tendent à favoriser davantage de participation de la société civile ; les élus, moins isolés, subissent également moins de pression (ou plutôt des attentes différentes) sur leur gestion des inondations ; des relais, maillons indispensables pour le développement pérenne de la culture du risque inondation, existent au sein des différents groupes sociaux.

Ces éléments favorables ne doivent pas faire oublier que le chemin est encore long pour ce territoire où vivent 12 millions de personnes, mais constituent autant de signes encourageants pour les acteurs qui devront déployer des efforts considérables en matière de sensibilisation au risque inondation.

 

 

 

Recommandations

Etablissement d'une stratégie de sensibilisation

Les objectifs de cette stratégie visent à développer la culture du risque inondation à l‘échelle de la région Ile-de-France afin de permettre notamment l'appropriation du risque et la modification des comportements avant pendant et après la crise.
A cette fin, cette stratégie préconise la mise en oeuvre d’actions de sensibilisation systématisées, récurrentes et pérennes menées dans la proximité et portées localement. Cela nécessite de disposer d’un réseau d’acteurs de proximité qui seront en mesure :

  • de sensibiliser leur entourage - d’activité, de responsabilité et / ou de vie…;
  • d’adapter cette sensibilisation au contexte local  (spécificité des territoires, particularisme de l’exposition au risque, nature des impacts...);

Ces acteurs devront être formés au risque inondation et mis en capacité de sensibiliser leur entourage, selon des modalités pédagogiques spécifiques étayées par :

  • l’identification des phénomènes psychosociologiques de méconnaissance et de déni du risque ;
  • les recommandations des nombreux acteurs et intervenants;
  • les conseils des relais / experts en matière de pédagogie;
  • le benchmarking sur des opérations proches concernant des problématiques similaires.

Ces acteurs de proximité devront être soutenus par des outils adaptés au contexte spécifique de leur territoire / environnement et dont l’efficience opérationnelle aura été validée.


L’atteinte d’objectifs aussi ambitieux impliquera de travailler dans la durée, pour les 10 prochaines années, dans le cadre du PAPI en cours et des suivants.


L’ampleur du territoire du PAPI francilien nécessitera de constituer un réseau d’intervenant important et structuré. A cet égard, l'objectif est de disposer à échéance de 10 ans d'un réseau se comptant en milliers de relais.  

 

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